Mode/ Voyages

Amer Harajuku

11 Août 2014

Si j’ai autant repoussé cet article par rapport aux autres, c’est que c’est le premier et le seul à être aussi négatif quant à notre voyage retour en terre nippone. Désolée d’avance si je « brise » un peu vos rêves pour la terre promise tokyoïte. Rappelez vous qu’un ressenti reste personnel et j’aimerai beaucoup avoir votre avis sur Harajuku aussi !

If I have waited that long to write this post, it is because it’s the first and the only one which will be so negative about our trip in Tokyo. I want to apologize if my words hurt in any way how you perceive Harajuku… But please be aware that it is only MY feelings about my trip, I will gladly read your opinion about Harajuku!

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La désillusion / The disappointment

J’avais gardé un souvenir très fort d’Harajuku et de Takeshita Street lors de ma visite en 201. C’était alors des boutiques plus ou moins de créateurs, aux contenus bien différents les unes des autres et avec leurs propres personnalités. La foule était quant à elle hétéroclite, avec des styles vraiment très marqués et assumés qu’on prenait plaisir à regarder. Il y avait déjà des touristes oui, beaucoup même : mais ils étaient plus concentrés sur le pont de Yoyogi et la sortie de la station que dans le reste d’Harajuku.

4 ans après, j’ai retrouvé une rue qui n’avait plus rien à voir avec ce que j’avais pu voir. Les magasins sans âme proposent tous les mêmes produits (à une ou deux exceptions près heureusement). La rue est bardées de touristes qui vous bousculent, et de japonaises toutes habillées dans leur uniforme WEGO du week-end. Pour être honnête s’il n’y avait pas eu le Closet Child qui fidèle à lui-même, j’aurais rebroussé chemin jusqu’à mon hôtel où j’aurais pleuré à chaudes larmes.

I had kept a strong memory of Harakuku and Takeshita Street during my first visit in 2010. It was filled with very different shops for different substyles (almost each one had his own ambiance and target). The people there had very personal looks which made them pretty unique and you had a lot of fun spotting really spot on looks. Of course, they were also tourists, but they were here almost only on week-ends at Yoyogi bridge or at the Harajuku station.

4 years later, I came back to a street which carries generic shops without personnality. Both of them were selling the same products (of course, there are still some exceptions but still). The streets were filled of very rude tourists and Japanese girls in their week-end uniform from WEGO, all looking as if they were made from the same mold. To be honest, if there wasn’t Closet Child (which is still the same after all these years), I would have run away to my guesthouse to cry.

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En dehors de Takeshita Street / Outside Takeshita Street

Un peu masochiste sur les bords, j’ai voulu y retourner en semaine pour voir si c’était un peu différent. Et puis y retourner de nuit aussi. Nous nous sommes éloignés de Takeshita Street pour promener dans diverses rues autour, nous nous sommes perdues du côté d’Harajuku Street. C’était mieux, avec des petites boutiques qui ont bien plus de personnalité mais le goût amer de ma déception première ne m’a néanmoins pas quitté.
Comment ce petit paradis de mode alternative a t’il pu se faire manger au point de ne plus proposer quasiment que que des silhouettes similaires ? Quand a t’il commencé à ne proposer que des silhouettes similaires, à la sauce américaine des années 80-90 ? A l’image des snaps proposés maintenant sur les sites ou les magazines, les styles se sont en majorité lissés pour devenir juste des facettes à peine différentes les unes des autres pour le profane.

As I’m a bit masochist, I decided to give another chance to Harajuku. We visited again during the week this time, to see if there was any different. And we came back at night also. We fled Takeshita Street to lost ourselves in tiny streets around Harajuku Street. It was better, with more interesting shops but still the bitter taste in my mouth stayed.
I can’t help but wonder about how Harajuku become so different of what it used to be? When did it stard displaying only similar outfits, inspired by the US and the 80-90’s revival? Like most of the snaps published now online, styles have less and less edgy, looking mostly the same even if you have an eye for it.

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Mais pas qu’Harajuku / Not only in Harajuku

J’ai également eu le même sentiment à la tour 109 : une sensation d’arnaque généralisée. Les marques n’ont clairement pas/plus de designers. Elles achètent leur marchandise à des grossistes en Chine ou en Corée. On retrouve les mêmes accessoires et les mêmes tissus chez tout le monde, avec des prix variant du simple au triple selon l’importance que se donne la marque. En écumant les boutiques souvent présentées dans le Larme, j’ai été déçue de la qualité des produits, du prix et encore et toujours de l’uniformisation. Candy Stripper, Swankiss, Liz Lisa, Nadia Flores en el Corazon, Ank Rouge et Mon Lily même combat : ils sont tous pareils. Je n’ai même pas reconnu les marques, tellement les ambiances étaient différentes des photoshoots Larme !

I had the same kind of feeling at 109 Tower: this feeling of being scammed by almost every shop. These brands don’t have their own designers anymore, and share the same Chinese or Korean providers. You’ll thus find the same fabric and the same accessories in every shops. Only the price tag is different : you can pay the same thing three time higher according to the trendiness of the shop. I visited shops from almost every brand featured in Larme and I have been really disappointed either by the quality, the prices or the designs which also looked all the same to me. Candy Stripper, Swankiss, Liz Lisa, Nadia Flores en el Corazon, Ank Rouge and Mon Lily: all similar and way too pricey. I even don’t recognize the brands in their store they were so different from the Larme photoshoot !

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Heureusement que d’autres boutiques ont su me parler et me plaire en proposant leur univers propre… Comme Grimoire et Momo qui ne cessent de ravir mon coeur et dont je vous partagerai les photos un peu plus tard. Je regrette également de ne pas avoir pris plus de photos de la boutique Milk d’Harajuku qui était vraiment très jolie!

Happily, some shops were true to themselves and displayed their own fashion and universe… Like Grimoire and Momo which never failed in dreamy atmospheres, I’ll share some pictures here a bit later. I’m sad that I haven’t taken more pictures of Milk store in Harajuku, it was very lovely!

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  • Aëlin Ueal

    Ca me rappelle un peu l’impression que m’a fait Camden quand on y est allées ce printemps.

    • C’est exactement ça ! Une sorte de lieu mythique qui aurait totalement perdu de son essence au profit du tourisme. Cela reste un endroit agréable à visiter, mais ce n’est plus ce que c’était du tout et ça se voit bien : les boutiques de créateurs ferment et les grandes chaines s’installent… Tout le monde finit par faire la même chose !

  • Mi

    C’est exactement la réflexion que je me suis fait en y allant. Apres l’endroit reste agreable et frais pour des yeux de français blasés par le manque de créativité/diversité vestimentaire. Mais c’est vrai que globalement, tout se ressemble et tout est très cheap…

    • Exactement cela n’empêche pas l’endroit d’être très différent de nos quartiers branchouilles à nous et d’avoir son petit instant de fraîcheur mais je sais pas c’est moins foufou qu’avant, ça a perdu de son authenticité en fait.

  • Even though I write very enthusiastically on my blog (I always try to write in the emotions I felt at the moment I lived them), I too noticed that many shops carried the exact same accessories! So the fact you write about it shows I wasn’t crazy (haha XD)!
    The thing for me is: I live in a town where there is no uniqueness when it comes to shops. All the shops can be found everywhere else around the world. Finding cute, unique shops is nearly impossible. In other cities or towns there are more ‘rare’ shops, that I will admit, but I always get the feeling everything is still the same.
    For me, Harajuku is such a unique place. In Takeshita dori, other than Claire’s and of course McDonald’s, there are only shops I cannot find anywhere else. Walking there is like a dream! Even though there are many clothes I would never wear, the fact they exist and are actually FOR SALE in a shop is so amazing to me. So to discover that many shops sell the same kind of accessories was indeed a bit odd to me, BUT all this jewelry was still so different from the things I see in my country, still so unique! I won’t say I didn’t care, but I didn’t really mind either. Don’t get me wrong, I completely understand your point and I surely hope Harajuku will keep its awesomeness and uniqueness (sorry I use the word ‘unique’ quite a lot…), I just wanted to comment on your blog, since it’s such an interesting article. ^^

    • I totally understand your point of view! True that Harajuku is still very different from what we have in Europe, even if there are more cute things available now instore that we used to have in the 00’s.
      The thing that really disappointed me was most of the clothes were from Taobao, with just the Japanese brand label sticked on it. I felt like Harajuku brands had betrayed me! Harajuku is still a pleasant walk but… It has lost some shine in my eyes.

  • Hanako

    J’ai pensé la même chose aussi, sauf que pour ma part ça s’est étendu au CC et même un peu à Grimoire, où tout est tellement overpriced… (mais l’ambiance de l’endroit rattrape tout, j’accepte de me faire entuber chez eux). Mes seules bonnes surprises ont été chez Wonder Rocket, que j’ai quasiment dévalisé ; au moins le mori reste fidèle à lui-même et c’est agréable.

    • Pareil que toi pour Grimoire, il y a un tel travail que je suis prête à me laisser piller en oubliant un peu le prix… Enfin je suis restée somme toute assez raisonnable même si je crevais de désir d’obtenir une pièce Reinette et Mirabelle.
      CC c’est un peu le miroir du lolita en fait, forcément ils veulent acquérir des pièces qu’ils revendront sans effort et au prix le plus haut. Malgré tout j’ai trouvé quelques perles à ceux d’Harajuku et Ikebukuro, des pièces Emikyu ou mon chapeau Triple Fortune à un prix décent.
      J’ai pris plein de photos de Wonder Rocket que je partagerai ici je pense, j’ai adoré leur boutique qui conserve son identité malgré les années !

  • messalyn

    Curieusement, Takeshita Dori ne m’a pas emballée lors de sa visite il y a 3 ans. En fait, la concentration des modes de rue ensemble, et notamment au Marui One en ce qui me concerne, avait fait ressortir l’aspect le moins reluisant du shopping, la consommation à outrance de produits de qualité discutable car le bon grain était plus que mélangé avec l’ivraie. Mais même les rayonnages de notre poignée de magasins parisiens a tendance à me faire cet effet, voire les meetings. D’un coup tout me parait en plastique et les tissus sortis tout droit d’un t-shirt. En revanche, quel plaisir d’y aller en cherchant plus ou moins quelque chose de précis et de magasiner, là, tout de suite devant soi !

    • Oui c’est aussi ça le côté désespérant de Takeshita Dori, c’est la sensation qu’ils ne font pas le distingo entre les produits bien finis et les mauvaises idées c’est un pêle de tout et n’importe quoi qui avait son charme quand chacun possédait son âme mais qui ne rime à rien quand tout le monde propose le même produit.
      Oui le plaisir de voir une marque qui nous est chère de près, de s’enivrer de l’atmosphère de sa boutique, d’admirer la finesse d’une dentelle ou les jeux de couleurs d’une robe que l’on a sous le nez est quand même un sacré privilège (qui atténue l’amertume de ne pas avoir que du bon grain partout).